mardi 15 septembre 2009

Santiago de Compostela






Mémorable soirée ! On se retrouve rapidement à une vingtaine de pélerins à boire des bières et des sangrias. Il y a ici toutes les nations. On se couche encore abasourdis par nos retrouvailles et ce camino qui n'arrête pas de livrer ses symboles.

Départ à 7h30, on ne ressemble plus trop à des pélerins. Il nous reste 4 km pour arriver à Santiago, on les fait plutot tranquilement: café con leche, churros con chocolate - plutot calorique mais un régal - on arrive devant la place de la cathédrale. On se congratule les uns les autres: ça y est. On l'a fait.



Dans les 920 km à pied, envrion un milion et demi de pas, transbahutant un sac - aprés vérifications 16 kilos - 38 jours au soleil, dans la bruine, le vent, le froid, la canicule... et nous voilà, étalés sur cette place. Un aboutissement sans doute, mais surtout une ouverture: il est important que le camino ne s'arrête pas là. Nous devons poursuivre le chemin, durant toute notre vie. Rester à l'écoute de ce qui nous entoure, et toujours progresser, aller un peu plus loin...

En attendant, on reserve une pension, car les pélerins seront nombreux aujourd'hui à Santiago. On fait la queue dans la officina de los peregrinos, pour obtenir l'acréditation - un tampon sur le crédential et une sorte de diplôme avec votre nom en latin.
On va à la messe de bénédiction des pélerins. L'immense cathédrale abritant les reliques de Saint Jacques et une fourmilière, outre les croyant et les pélerins, elle est envahie de touristes. Elle est notament connue pour son encensoir géant qui servait durant les offices... à camoufler l'odeur des pélerins !

On part faire quelques achats par-ci par-là. Je repasse par la place principale et croise ... Giordana ! J'étais convaincu qu'elle avait arrété le chemin vers Manjarin ! Je croise aussi notre "señor", un espagnol d'une bonne soixantaine d'année qui en est à son douzième pélerinage de Santiago. Puis les italiens, allemands, etc. que nous avions croisés précédemment. On est un gros groupe et il est difficile de trouver un bar tous ensemble. J'offre à Ufra un chapeau - il avait tant fait le clown avec le mien à Burgos que je m'étais promis de lui en trouver un. On bois, on mange, on danse le moonwalk. La soirée s'achèvera en boite de nuit - au bas mot cinq ans que je n'y étais pas rentré. La danse des pélerins est assez typique: tongues, habits tachés, crampes, ampoules, mais une joie et une fraternité que l'on ne retrouve pas souvent !

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