lundi 31 août 2009

Villar de Mazarife - Astorgas


Nous partons tard, vers 7h30. Le chemin passe dans plusieurs petits villages aux murs de brique et de torchis, avant de se coller à la nationale. On passe ensuite dans un petit bois de chênes-verts. Le soleil s'en donne à coeur joie, la route est longue. On passe une croix où se trouve un genre de manequin de pélerin bricolé au fil des passages, des statuettes de Jésus notament et un tas de messages. Le camino est, dépuis son départ, source de créativité, tout le long de notre route, des messages, graphittis, prières, citations, parsèment le chemin.
Les champs, ici, sont plus petits et irrigués. Polyculture: maïs, tournesol, navets...
Le chemin est long, rude, lent, éprouvant. On n'en finit plus de se rapprocher. Pour nous achever, l'entrée dans Astrogas se fait par un terrible pont en ferraille vert pour enjamber la voie ferrée, plusieurs détours et une côte courte mais pentue à souhaits.
Le lit de l'auberge est un vrai moment de bonheur: l'étape que je pensais facile (25 km) était en fin de compte bien ardue (32 km)

Un point santé: genou tout neuf, chevilles trés correctes (j'ai compris toute la subtilité du lassage de chaussures qui seul permet d'éviter de se provoquer des blessures), des traces d'anciennes ampoules, une ampoule encore vivante sur chaque talon. Bref, je pête le feu (enfin... là, tout de suite je suis plutot HS). Les pieds des autres pélerins sont souvent dans un état plutôt terrifiant. Je m'en sors bien !

Léon - Villar de Mazarife



La ville de Léon est rutilante. On y trouve nombre de monuments remarquables. Je relèverais ceux-ci: La maison Gaudí, qui est très élégante mais dont l'allure "old school" ne ressemble guère aux images que l'on a du maître, et la cathédrale, bien sûr. Hélas elle est inaccessible le samedi pour cause de mariages en série. Je la visite donc dimanche matin avant le chemin. Outre les retables, portails dentelés, etc. je suis emballé par ses vitraux. Est-ce l'heure matinale ? En tout cas les couleurs sont éclatantes.

Le chemin sort lentement de Léon. Il prend la direction de petits vallons qui me rapellent le Tarn par un mois d'août particulièrement sec. La route s'écoule vite. Nous prenons un itinéraire alternatif qui évite la nationale. Il nous mène à Villar de Mazarife où se trouve une petite auberge agrémentée d'une pelouse, d'une piscine et d'un drakar en carton-pâte.Les murs sont recouverts de messages et de dessins laissés depuis deux ans par les pélerins. Je dors dans la chambre Santa Rosa Mystic. Au menu, pâtes sauce tomate - avec de vrais légumes ! - et salade de fruits.
Cet endroit est un havre de paix. Je suis invité par deux petites filles françaises à admirer leurs dessins sur les murs et à réapprendre le jeu de l'oie. Je laisse bien sûr mon message sur les murs...

samedi 29 août 2009

Releigos - Léon

La journée s'est écoulée lentement à Reliegos: tout petit village, où il n'y pas grand chose à faire, même pas visiter l'église. On dort, on mange, on répare les bobos aux pieds.

On démarre donc le lendemain pour une étape de 23 km seulement qui est bien vite avalée. On en a déjà fini avec La Meseta. Je me demande ce que nous réserve le chemin. Que va t-il devenir pour l'étape suivante ?

En tout cas, aujourd'hui, visite de la ville, lavage des affaires, rangement du sac, bref on se prépare pour la suite...

Sahagún - Reliegos


Hier soir une Espagnole me prévient qu'à minuit, Mars doit passer devant la lune, provoquant une éclipse partielle de lune. Je traduis à ma voisine d'en-dessous, Angela. Elle est emballée et me propose du coup... de démarrer l'étape dans la foulée.

Excellente idée. Nous partons donc de l'auberge à minuit, sous l'oeil perplexe de l'hospitalier. La nuit est éclairée par une voûte celeste superbe. La lune est ocre et très basse à l'horizon. On croise une voiture de la Guardia Civil qui nous indique le chemin, un peu surprise tout de même de nous trouver là. On discute et le temps de tourner la tête... la lune a disparu ! Elle était près de l'horizon, mais tout de même, c'est le genre de chose qui ne disparaît pas comme ça !

Toujours est-que nous ne verrons jamais l'éclipse. Le chemin est particulièrement bien tracé, l'obscurité ne nous pose que peu de problèmes.

Deux heures du matin, une pause pour admirer la voie lactée.

Quatre heures, on fait une pause dans un village désert car le chemin commence à être long. On croise de grandes chauve-souris.
A partir de cinq heures, ça devient vraiment dur. Fatigue physique et mentale. Il nous reste une douzaine de kilomètres. Le temps est froid mais supportable. Le lever de soleil déploie ses couleurs sur la Meseta. On fait une grosse pause, je sors mon camping gaz pour préparer un thé. On croise les premiers pélerins.

Enfin, le village de Reliégos se montre. Il est environ 8 heures. On prend un chocolat chaud et on dort sur la minuscule pelouse de la placette centrale car l'auberge n'ouvre que vers 12h30.
Etape un peu déjantée mais très belle dont on est assez fiers. Bientôt toute l'auberge est au courant, "ah, c'est eux qui ont marché toute la nuit !?".

Calzadilla de la Cueza - Sahagún

Petit déjeuner sous les étoiles, le chemin démarre avant le jour. Il est plutôt facile, assez plat et peu caillouteux. Toujours la Meseta, son calme, son austérité.
Le plat du talon droit me fait mal. Si bien que je décide de m'arrêter à Sahagún, courte étape de 23 km. Je pense que la douleur vient du fait que je ne lace pas mes chaussures assez serré. Sahagùn est une ville agréable, trois belles églises en brique. Pour une fois je mange de la verdure - salade de lentilles, tomates, oignons, concombre - et un verre de vin de La Ríoja pour l'agrémenter !

jeudi 27 août 2009

Poblacion Del Campo - Calzadilla de la Cueza










Le lever de soleil accompagne ma route. Le village traverse de nombreux petits villages déserts. Le fond de l'air est frais, je marche bon train en m'octroyant de nombreuses pauses. Des moucherons viennent se coller à mon visage lorsque je longe les champs de tournesols.




L'étape est solitaire. Je prends une grande pause à la ville prévue comme fin de cette étape, mais je ne suis pas fatigué. Je reprends donc la route jusqu'au prochain village, à 16 km de là. La route devient un chemin de galets, rectiligne, sans arbres, sans eau, sans décor. Le chemin est terrible pour la voûte plantaire. Les galets roulent sans cesse sous les semelles. Les distances s'étirent. Ce chemin est hors du temps. Il ne se termine jamais. La bosse là-bas, qui ne s'approche jamais. Mal aux pieds. Le clocheton de l'église enfin. Mais jamais il ne s'approche. Temps infini, lassitude, fatigue, douleur.
L'arrivée à l'auberge est un réel bonheur, d'autant qu'on y trouve une piscine d'eau fraîche. J'y suis rejoint par Typhaine et par beaucoup de pélerins exténués. Nous allons tous au bar, pour détendre nos jambes autour d'une bière.

Castrojériz - Poblacion del Campo




Je me réveille alors que la pluie de cette nuit tarde à cesser. Il fait nuit noire alors que mon chemin débute. Je suis accompagné d'une Coréenne et de sa lampe frontale. Le lever de soleil nuageux est apaisant. Au matin, je passe devant une petite auberge d'où sortent les pélerins. Je fais halte et l'hospitalier m'y invite pour un café des plus chaleureux. Ce petit lieu dégage une atmosphère très apaisante.
Le chemin parcourt les plateaux vides et brûlés de la meseta. Le temps est frais malgré le soleil, qui est bien sorti, un temps propice à la marche. J'arrive facilement à Fromista où je déjeune (comme d'hab: pain, fromage, chorizo). Ce village ne me plaît pas et son auberge non plus. Je pousse un peu plus loin au tout petit village de Poblacion Del Campo, où la chaleureuse Hospitalière m'offre un verre de vin espagnol - délicieux d'ailleurs. L'hébergement est simple et calme. Nous ne sommes que trois dedans et nul n'a vraiment envie de causer. Je me prépare un excellent plat de lentilles au chorizo.


Demain j'aimerais retrouver Thyphaine et Ufra. Il ne me reste plus que 5 jours sur la meseta.


Demain, je passe la moitié de mon périple.

Burgos - Castrojériz


Le chemin change parfois. Il progresse, il mue. Sa première transformation avait été celle de Saint Jean Pied de Port - Roncevalles. Je passais de la randonnée sauvage, incrustée dans son lit de verdure, au camino frances, ses rencontres de toutes nations, la compassion (au sens latin: "souffrir avec"), le partage. Aujourd'hui nous voici à l'entrée de La Meseta, région qui brille par son austérité. Décor minimaliste, un plateau dénudé où les champs fauchés à perte de vue le disputent aux roches blanches ou rouges et aux ravines de sable blanc.
Ce décor est le lieu du soliloque. Adulé ou excécré par les pélerins, il impose le voyage en son "moi". Les pélerins sont silencieux, ils semblent désormais sur leur propre chemin intérieur.
Pour moi ce nouveau départ du chemin reproduit celui de Saint Jean Pied de Port: ma douleur au pied droit d'hier s'est volatilisée.
Nous marchons à gros rythme avec Ufra et Thyphaine. Au milieu de ce désert minéral écrasé par le soleil, nous croisons des soeurs, venues en voiture pour un autre pélerinage. Je chemine jusqu'au village étape où je suis rejoint par de nombreux pélerins. Je décide cependant de leur fausser compagnie: j'ai envie de marcher plus, de m'isoler un peu. Je reprends donc ma route, croisant en chemin un couple de huppes, jusqu'à Castrojériz, un village aux murs de pisé qui s'étend au long du camino.
Je trouve la petite auberge municipale, et j'y suis accueilli par une petite de 6 ou 7 ans. Mes pieds ralent, l'étape à duré 38 km.
Le ciel se couvre. J'avale un plat de pâtes à la sauce ketchup-ail en poudre - huile d'olive, et m'endors brutalement alors que les éclairs zèbrent le plateau de la meseta.

lundi 24 août 2009

Atapuerca - Burgos




Etape peu agréable: rapidement on entre dans la ville qu'on traverse pendant 10 km.
La ville de Burgos est en revanche très agréable. Sa cathédrale est impressionnante, une horde de retables gothiques, la tombe du Cid et de Chimène, des peintures extraordinairement conservées.




Nous faisons une visite de la ville avec un guide parlant un espagnol-à-grande-vitesse, puis on va dans un bar, fêter comme il se doit le départ de Seb, Simoné, et Jullietta. Bières, tapas, sangria, beaucoup de langages mélangés.
On rentre tous un peu éméchés. Le dortoir est infesté de ronfleurs de concours, je ne dors quasiment pas. Je dois avoir des cernes qui traînent par terre. Déjà que j'ai pas mal maigri, je dois faire un peu peur...

Belorado - Atapuerca






La route, au départ de Belorado, grimpe sur une petite colline. De là, j'assiste au lever de soleil sur la vaste plaine. Les pélerins sont nombreux et lents. Le chemin se met à entrer dans une forêt de chênes_verts. Rocailles, lézards, chaleur raisonnable, je me laisse aller à une sieste.
Le chemin est long et ne présente pas de difficultés. Nous arrivons à San Juan, une église entourée de maisons blanchies à la chaux, un bar unique et la réputation d'y trouver des puces. On poursuit donc un peu plus loin jusqu'à Atapuerca. Le petit village est en ébullition, il y a un technival et une fête de village dans les alentours. On s'entasse dans les rares et chères auberges et dans ma tente.
Je ne ferme pas l'oeil de la nuit - le bruit des gens et plein de Ska P. Réveil rude. Courte étape le lendemain.

vendredi 21 août 2009

San Domingo - Belorado



Etape tranquille encore une fois. Le temps est gris et même frais. Je refais le monde avec Sébastien (tout y passe, la foi, le chemin, la politique...)
On arrive devant une belle église aux murs de chaux et de brique. Dans le village, quelques colombages et des murs colorés nous rappellent l'Alsace.

Le chemin longe des bois d'où sortent par-ci par-là des familles de chevreuils. La ville de Belorado est un havre de paix. Sa place centrale couverte de platanes, son kiosque à musique, les terrasses, son hébergement avec piscine (!). Je trouve un livre de Carlos Fuentes pour remplacer "Le retour du meilleur des mondes" que j'ai laissé en route...

Najera - San Domingo de Castana



Etape tranquille. Mis à part le soleil, pas de difficulté majeure. Le chemin est un peu le même qu'hier: champs, herbe sèche, peu de dénivelée, on suit souvent la route.
Les panneaux "attention, traversée de pélerins" me font rire.

A Santo Domingo de la Calzada, on entre dans une ville très touristique. Il y a le musée du pélerinage: pour 8 euros on vous met une cape de pélerin et vous faîtes le tour du musée, comme si vous y étiez (perso, je n'y étais pas)
La cathédrale est très imposante. Elle est dédiée à Saint Dominique, connu notament pour faire ressuciter les poulets rotis. Il se dit en effet qu'un homme avait une fois repoussé les avances d'une jeune fille. Le fille, vengeresse, déroba un objet de valeur, désignant l'homme comme coupable. Il fut pendu. Saint Dominique, bien heureusement, passait par là. Il soutint les pieds du jeune homme, le maintenant en vie.


La famille du pendu et Saint Dominique s'en vont chez le notable expliquer l'injustice. Le notable qui mangeait du poulet, convaincu que le sort était jeté, leur répond: "votre homme est aussi mort que ces poulets". Les poulets se mettent alors à voler dans la pièce, prouvant l'innocence du jeune homme.

Depuis dans la cathédrale on voit un couple de poulet vivants. Si on les entend chanter, alors le camino sera heureux... au lever du jour je les ai entendus !

Sur le côté de la cathédrale nous visitons une exposition totalement décalée sur le péché, le pardon, la foi, le martyre, etc. L'exposition est truffée de bidules informatiques dernier cri. Voici réunies nos nouvelles idoles: la religion, le spectacle, la consommation.

Je vous laisse méditer là-dessus, moi je vais me coucher.

mercredi 19 août 2009

Logroño - Nájera










Etape longue. 28 km. Mais avec la forme que je tiens, seul le soleil me freine. La route longe la nationale ce qui n'est pas très agréable, mais le paysage - désormais nous sommes dans la Rioga - est désertique. Nous ratons un embranchement et nous retrouvons sur le bord de la nationale. Nous rallongeons l'étape de 4 ou 5 kilometres sous un soleil de plomb. L'hébergement possède l'air climatisé et seulement de l'eau froide aux douches, parfait.

Je dois arrêter là mon carnet: un Espagnol chante à tue tête à côté de mon poste, et je ne m'entends plus penser...

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Je reprends le cours de mon récit.
L'Espagnol qui chantait est en fait l'hospitalier, le tenancier de l'auberge. La journée se poursuit paisiblement le long du rio qui chemine, insensible à l'étouffante chaleur. Ce soir, c'est moi qui cuisine: taboulé et salade de fruits. Je discute avec des gens dont la vie est incroyable: cet homme par exemple qui, après 30 ans de mariage a tout d'un coup fait son "comming out" et qui assume totalement. Ses enfants ont bien pris la chose également. Nous sommes épatés par son histoire. En fin de compte tous ceux qui viennent ici ont une histoire... une recherche. Les discussions sont profondes (dans la limite de la langue que l'on essaie de parler), touchantes et souvent très intimes.

Le soir même les hospitaliers sortent le vin et la guitare pour entonner une pléïade d'airs populaires espagnols. L'aumonier a un look irrésistible: T-shirt trop large, lunettes en cul de bouteille, banane, clefs qui pendouillent au cou. Excellente soirée qui me fait une fois de plus regretter de ne pas savoir jouer de la guitare.

Los Arcos - Logroño



Grosse étape en perspective: 27 km. Le paysage ressemble de plus en plus aux films de Sergio Leone: la poussière couvre les cailloux et les plantes rabougries, plus personne dans les rues, même les chiens sont tétanisés par la chaleur. Nous prenons notre temps. Mon genou va de mieux en mieux, mes chevilles aussi. La perspective de poursuivre jusqu'à Santiago se dessine.

A Viana, Ufra fait étape et Mercedes arrête là son chemin ( je ne vous en ai pas encore parlé: une Barcelonnaise, parlant castillan, catalan et francais, un peu exubérante et très chaleureuse). Nous poursuivons dans une chaleur palpable. Nous arrivons tard à Logroño. L'hébergement est complet. Nous poursuivons à un hébergement adjacent à l'église. C'est une auberge de pélerins qui propose un lit sommaire, un repas (excellent, préparé par un Coréen), le petit déjeuner, la bénédiction des pélerins en cinq langues et dans la superbe église, le tout avec une participation libre aux frais et à la vie de l'hébergement.
Après un tel accueil mes jambes sont en pleine forme, j'ai une pêche olympique.

Estella - Los Arcos






A Estella, Ufra, un Barcelonais très énergique, nous amène à la source d'eau salée. Il fait une chaleur écrasante, nous le suivons. L'eau est effectivement salée mais elle est aussi ... à 16 degrés ! Mais notre Ufra, que je surnomme Ufo, est tellement motivant, on réussit tous à s'y baigner.
De retour à l'auberge, on prépare avec les moyens du bord un gros repas que l'on baptise un peu abruptement "cuisine française" ...
La vieille ville de Estella est très belle, en particulier le soir après un bon repas.

Le lendemain étape de 20 km jusqu'à Los Arcos. A 2 km du départ les pélerins s'attroupent... devant la fontaine de vin en libre service qui se trouve sur notre chemin. A 8h du matin ça fait un peu tôt tout de même. Le chemin grimpe dans un décor aride: végétation sèche et rasante, collines rocailleuses, quelques chapelles blanches au lointain. La chaleur est omniprésente. L'étape s'apprête à prendre fin, nous entrons dans le village. Devant nous deux hommes ferment l'entrée du village d'une grosse barrière de bois. Nous ne comprenons qu'en voyant les villageois habillés en blanc, le col orné d'un foulard rouge - qui symbolise le martyre de Saint Firmin (?). C'est le lâcher de vaches ! Tout le village est dans les rues pour attendre l'arrivée des deux vaches et un taureau. Le but de ce jeu est d'exciter les bêtes et de les frôler au plus près en évitant leurs cornes. Jeu viril, dangereux et un peu cruel mais prenant, sans conteste.

Les portes de la ville se réouvrent, on peut aller à l'auberge. Je plante ma tente dans le jardin. L'auberge est pleine, aussi j'hébergerai un couple de jeunes Américains qui n'ont plus de place. Ce soir, les Italiens nous font un énorme risoto... délicieux.

dimanche 16 août 2009

Punta La Reina - Estella



L'ambiance a beaucoup changé sur ce chemin. Depuis Roncevalles, nous sommes nombreux à nous retrouver à chaque étape. Les discussions vont bon train. Une majorité d'Italiens - plus intéressés par la spiritualité que nous - beaucoup d'Espagnols bien sür, quelques Allemands, Hollandais, et même des Australiens. On fait de belles rencontres, dans un langage composite qui donne environ ceci: "Olà, how are tus piés ? Pienso que el camino is a great place para parlar amb tota la populacion of europa... and... même le monde entier"
Hier soir, la fatigue de la chaude journée et un hébergement particulièrement agréable, et l'ambiance dérapait un peu partout: Enriqué faisait le pitre en parlant napolitain, alors que Thyphaine et Seb approfondissaient leur espagnol avec Ufra et Mercedes en buvant du Paxaran.
Une marcheuse fait la route avec son chien, un berger allemand plus épuisé que nous encore. Elle lui fait des massages le soir et lui passe de la pommade; ce que, désormais, nous faisons tous. Les rotules et les talons ont souffert pour tout le monde.
Aujourd'hui, l'étape est moins rude, les paysages très sympas (villages en pierre, ruisseau à moitié sec...) mais les marcheurs sont devenus lents. Le Camino Frances et celui de Navarre sont désormais réunis; nous sommes une bonne soixantaine dans l'auberge.
Je n'ai toujours pas trouvé de recharge de gaz pour mon camping gaz depuis 4 jours, mais je me débrouille.
Hasta Luego !

samedi 15 août 2009

Pampelona - Punta La reina



Lever très matinal. Je traîne à partir; c'est une erreur !
L'étape est un peu longue (25 km) d'autant que, avec les deux Italiens avec qui je marche, nous décidons de faire un crochet par un hermitage octogonal, Eunate, tout à fait étonnant. Une longue côte, suivie d'une forte descente (mon genou ! Macarel, bouducon et caramba) mon genou, donc, grogne, ma cheville aussi et désormais mon mollet ne trouve plus ça drôle non plus. Toutefois le vrai ennemi aujourd'hui c'est l'écrasant soleil espagnol. Heureusement le camino est équipé de nombreuses fontaines. Le camino frances rejoint le chemin qui passe par le col du Somport.
J'observe un aigle qui nous regarde comme de potentielles proies. Nous arrivons à l'auberge où je plante ma tente dans le jardin. Douche, lavage du linge, massage des tendons, sieste et balade, et carnets de voyages, on connait ce refrain.

(je dois vous préciser deux choses: le faible temps disponible sur Internet réduit beaucoup mes descriptions, j'ai oublié de vous dire que j'ai mon crédential depuis Roncevalles) Je crois avoir atteint tous mes objectifs sauf la coquille Saint Jacques (je ne veux pas l'acheter dans une auberge ou un magasin... avez-vous des idées ? J'avais pensé la troquer pour un autre bivalve insolite mais je ne sais quoi trouver ici: ceux qui disent une coquille d'huître doivent reprendre leurs cours de géographie de toute urgence)

Larasoaña - Pampelona



Aujourd´hui une étape des plus tranquilles. On chemine (on est désormais de nombreux pélerins) le long de la rivière qui serpente une vallée boisée de chênes-verts, pins, ajoncs... Le départ a été lancé tôt; c'est l'inconvénient du refuge de pélerins, on est au rythme des plus matinaux et des ronfleurs.
Au bout d'une dizaine de kilomètres seulement, nous voici entrant dans la ville qui grossit à chaque pas. La ville est construite de pierre. Le camino frances suit des routes pavées passant devant les principaux édifices. L'entrée dans Pampelune est spectaculaire, on y rentre par le pont levis cerclé par les immenses murs de fortification. L'hébergement est situé dans une ancienne église totalement restaurée pour accueillir 100 pélerins. Eau chaude, cuisines, lits jumeaux, tout y est un régal. Je visite la ville qui recèle un bon nombre de sites historiques. La cathédrale est le clou du spectacle: immense, très bien entretenue et constituée de nombreux ornements prestigieux où tous les saints semblent représentés (en or, en bois, en albatre, en pierre...). Le tombeau de Carlos III est central. Après une sieste au bord du fleuve, nous allons faire un tour à la piscine (non sans négocier un tarif pélerin), puis nous cherchons un bar où manger quelques bocadillos.
Une journée trés reposante.

jeudi 13 août 2009

Roncevaux - Larasoaña


L'étape a été douloureuse.
Parti le matin vers huit heures, le chemin est forestier. Le décor fait un peu penser aux collines du nord du Gard. Les nuages qui ce matin ont trempé la toile de tente sont restés accrochés par les Pyrénées sur le versant français. Le chemin est tour à tour une route, un chemin rocailleux, un chemin à vaches. Je reprends mon rythme lent et consciencieux.
Le chemin grimpe un peu, redescend. Il descend un peu trop souvent au goût de mon genou. Je fais une pause casse-croute vers 12h, déjà quatre heures de marche aujourd'hui.
Le chemin se poursuit dans les bois désormais méditerranéens. Les traces du mythe de Roland sont un peu partout. Ce folklore est même plutôt cocasse, Roland y étant vu comme un Golgoth fort comme un géant, mais vaincu dans l'honneur... on dirait une super production américaine.
Le chemin s'éternise et descend, descend, descend. Mon genou râle, ma cheville opposée aussi. Je refroidis mes pieds dans l'eau glacée du ruisseau à Zuigi. La route continue encore pendant longtemps avant d'enfin arriver à l'herbergement... douche glacée et me voilà à mes carnets. L'étape a duré 27 kilomêtres dont une vingtaine de descente.
Demain étape cool à Pampelone, 15 km.

mercredi 12 août 2009

Ajout aux anciens articles

Il me reste 5 minutes. J´en profite donc pour deux choses:

- remercier ceux qui m'ont aidé sans le savoir: ceux qui m'ont donné envie de ce voyage, mais aussi mes fournisseurs(euses): ma tente de rando me ravit et ma paire de jumelles est vraiment épatante !!!

- vous parler des bergers siffleurs: lors de ma première étape, j' ai assisté au dialogue de bergers qui utilisent un vieux langage à base de sifflement pour se parler entre deux vallées. J´étais à deux vallées d'eux et j´entendais tout, même si je ne comprenais rien. C'était ma toute première étape.

¡ Viva España !



Quelle journee mes aïeux !
Je vous fait un topo sommaire, j´ai que quelques minutes d´internet.
Hier, j´étais trés démotivé par le mauvais sort et surtout, par mon genou. J´ai mis en oeuvre tout ce que j´ai pu imaginer pour y remédier: les médicaments du toubib, un cierge devant la vierge pour son pôte Saint Christophe, je me suis reposé toute la journée. Ayant toujours bien mal au genou et à cours d´idées, j´ai utilisé ma botte secrète: lire et rêvérer Brassens en buvant une bière au bord du torrent où se dandinaient d´énormes truites fario.

Et bien, qui a le plus agit je n´en sais rien, mais j´ai passé l´étape avec une facilité déconcertante. Je n´ai pas souffert des 25 bons kilomètres de montée pourtant sacrément pentue, suivis de 4 kilomètres de descente où j´ai un peu plus morflé. Faut dire que j´ai adapté ma marche: je marchais avec une lenteur et une régularité de pensionnaire de maison de retraite. Avec opiniâtreté je posais un pied un tout petit peu devant l´autre dans un rythme mécanique.

Bref, je suis enchanté et étonné de me retrouver à Roncevalles, en Espagne. Le chemin était rude mais superbe. Paysages verts où s´éffritent des nuages grumeleux, le son d´un fifre provenant d´une petite vallée, puis grands espaces, roches élimées par le vent, chevaux dodus, moutons à tête noire. J´ai même observé d´assez prés un tas de vautours moines (ainsi nommés car leur robe ressemble à une robe de bure et leur tête est pâle comme celle des moines).

Bon, il me reste peu de temps internet, je vais consulter mes mails: faites moi penser a vous raconter les bergers siffleurs quand j´aurrais plus de temps.

Mes excuses pour les accents: claviers espagnols...

mardi 11 août 2009

Oderarp - Saint Just Licharre


Je pars du camping en longeant quelques fermes. J'arrive dans Oderarp et prend la route. Elle monte vers un col qui a l'air bien raide. Mon genou se réveille brutalement. Il me fait vraiment mal cette fois. Vu la petites route où je me trouve je n'ai guère le choix: je continue, lentement mais surement. La montée est interminable. Le genou tient bon sur la montée mais c'est dans la descente qu'il me fait vraiment mal. Je croise un beau chevreuil et plusieurs vautours.

La descente est terrbiblement longue, je fais des tas de pauses. Arrivé à la départementale, je fais du stop: j'ai décidé que j'irais à Saint Jean Pied de Port en stop, pour prendre une journée complète de repos. Je vais chez le toubib: tendinite du tendon sous rotulien. J'ai une pommade, un anti inflamatoire. J'essairais de voir ce que donne la journée de repos mais j'ai peu d'espoir.

Je dors au camping et vous écrit de Saint Jean Pied de Port, je genou fait encore mal aujourd'hui... je ne sais pas si il y aura une amélioration demain...
Je suis déçu: je ne m'attendais pas à être arrété par un simple problème mécanique comme celui là. Mais gardons espoir, peut être demain ... dois je aller dans une église ? Trouver un Saint Christophe ???

L'Hôpital Saint Blaise - Mauléon






Dés le départ de cette étape, je rale aprés le marques du chemin, décidément excécrables. Le chemin grimpe trés raide dans la colline qui domine la vallée. Puis un plat, puis on regrimpe, encore plus raide. Me voilà en pleine forêt, j'y croise seulement des fermes abandonnées. Il pluviote. Le route grimpe encore. Elle continue ainsi de grimper jusqu'au sommet d'une colline d'où je profite de la vue. Le genou gauche me fait mal.

Je descends de la bute au travers de fermes. Je ne trouve plus les marques du chemin. On me renseigne, je reprends le chemin aprés une pause casse croute.
Je marche bon train jusqu'à Mauléon, malgré mon genou qui râle. A Mauléon je monte au chateau puis redescends dans le centre où se joue un match de pelote basque. C'est un sport agréable à regarder. Les gens que je croise ici ne me plaisent pas, aussi je décide de lever le camp pour planter la tente plus loin. J'avise un panneau "camping à la ferme". Je suis ce panneau le long de la départementale. En fait, il me faudra encore six bons kilomètres pour y arriver. Je dors comme une masse.

Oloron Sainte Marie - L'Hôpital Saint Blaise

En quitant le point internet, je rentre à l'hébergement. Le groupe de catholiques que j'y avais croisé m'invite à leur concert, le soir même à l'église - trés belle église d'ailleurs. Vu leur voix christalines, pas d'hésitation, j'y vais.




J'entre dans l'église, tous les premiers rangs sont ocucpés par mes jeunes cahtoliques. Devant l'autel, un jeune homme en tenue de Franciscain, nous explique comment, aprés avoir fait un BTS d'horticulture, il a rencontré les "frêres de Tibériade" et depuis il est à fond: il va devenir moine, et fait donc voeu de pauvreté, de chasteté et d'obéissance. Pour le voeu de pauvreté je suis d'accord, on aide les autres que quand on a rien. Mais pour les deux autres...


La cérémonie se poursuit avec de trés beaux chants lithurgiques (dont les paroles sont horiblement nian-nian mais l'acoustique de l'église se prête bien aux choeurs). C'est la première fois que je vois autant d'activité dans une cérémonie: les prêtres vont et viennent (se signant devant l'autel, puis s'agenoillant et faisant révérence). Ils s'installent aux quatres coins de l'église pour y attendre les éventuels confessables. Une bonne partie des jeunes cathos s'y colle. Pendant ce temps les autres s'agenouillent dans l'allée centrale, se prosternent. Une jeune fille un peu surexcitée par sa foi, m'explique les rudiments de leur croyance: l'ostie dans son tabernacle est le corps du Christ qui se balade parmi nous comme il se baladait, au bon vieux temps, parmi ses apôtres.

Dans cette tendre hystérie je m'esquive.

Une nuit de repos et me revoilà en route direction l'Hopital Saint Blaise. La route, horriblement mal indiquée longe le Gave dans les champs de maïs. Je marche bon train. Je croise une dame qui me dit que d'ici deux ou trois kilomètres je serais arrivé. A la bonne heure !

Effectivement, au bout de trois kilomètre j'arrive devant une toute petite mairie. J'y fais halte et recherche un coin pour ma tente avant de me rendre compte que je suis en fait encore loin.
Je reprend la route qui devient un chemin dans une épaisse forêt. De grands chènes font concurrence aux charmes. Le chemin est boueux. Je croise de nombreuses palombières; une sorte de grand affut de chasse: des cabanes au sol et dans les arbres (à prés de 15 mètres de hauteur !). Evidement tout le matériel paramilitaire qui convient. Oh que les hommes sont de grands et dangeureux enfants.

Le chemin serpente et passe de nombreux guets. Je trouve, en plein milieu du chemin, un petit cèpe. Je commence à trouver le chemin sacrément long quand enfin j'arrive à l'Hôpital Saint Blaise. C'est un minuscule hameau presque exclusivement constitué de son église "arabochrétienne". Une belle batisse mélant les influences maures et catholiques.

Je dors prés du moulin dans la bruine qui a repris.

vendredi 7 août 2009

Arudy - Oloron Sainte Marie



Au matin il bruine encore. La pluie ne cessera que vers 15h. Je me pare donc de ma veste gore tex, mon pantalon Kway et mon protège sac à dos. En route, que diable !
La route m'amène à Buzy. Prés du lavoir, une adorable dame m'indique mon chemin. Je traverse Buziet. Pour aller vers Ogeu, le chemin passe par des sous bois verdoyants. Je me dirige vers Herere. Le long de la route j'ai eu l'occasion de sympatiser avec un nombre élevé de vaches, veaux, brebis, chevaux, ânes... ce troupeau de brebis est particulièrement chaleureux. Ils bèlent, alors je bèle pour le répondre - sachons rester courtois. Mais alors que je passe leur champs, tous les moutons ne trouvent rien de mieux à faire que de me suivre. Ils passent sous la cled, et je ne sais pas comment m'en dépétrer ! Je demande à une petite fille qui habite là mais qui ne m'aide guère. Je tente sans conviction et sans effet de les faire retourner dans le champ. Rien à faire. Le troupeau m'ignore et longe la route. Je me hate pour prévenir la ferme la plus proche. Heureusement c'est le frère du propriétaire qui me rassure: elles connaissent le chemin par coeur.

Je poursuis jusqu'à un aérodrome où je fais une pause salutaire. Le pieds me font mal. Je suis trempé, ce qui n'est pas désagréble. Cette moiteur légèrement fraiche me convient trés bien. Mais mes pieds font "sploch" et mes trois/quatres ampoules naissantes n'apprécient pas.
Le chemin descent brutalement vers le Gave de Pau. La forêt est superbe, détrempée et sauvage. Je me surprend à y chercher des mygalles Terrafosa. Une halte prés du gave est idylique. Je passe le pont du Diable et remonte sur les hauteurs d'Oloron. Mes jambes sont au bord de la révolte et mes pieds entament un préavis de grève. Je tiens bon jusqu'à l'hébergement de Oloron. Le tenancier me présente au Maire de Oloron (ça devient une habitude). L'hébergement est occupé par une grande troupe de jeunes croyants. Ca chante à tue tête des bondieuserie un peu nigaudes mais bien interprétées. Sitôt mes affaires posées, douche chaude, je me presse au magasin de sport pour y acheter une paire de chaussures. Les anciennes étaient trés bien mais leur temps est fait. Elles auront vécu le GR20 et leur retraite est arrivée.
Les nouvelles prennent du service dés la sortie du magasin. Je me dirige vers le centre pour trouver le point internet situé devant l'église - vraiment superbe soit dit en passant.
C'est d'ici que mes courbatures me rappellent qu'il serait temps de prendre du repos.

Asson - Arudy

La tente était étanche, mais je dois la plier mouillée. Qu'à cela ne tienne.

Le route descend vers Bruges, qui tire son nom d'un pèlerin qui était passé par la ville belge et trouvait la ressemblance frappante. Il est vrai que les petits canaux et le lavoir sont très beaux, mais tout de même ...
Ma route suit une chemin puis repique sur le goudron. A Mifaget je visite la chapelle, et sa crypte, toute petite mais dégageant une atmosphère de sérénité grave.
A Sainte Colombe, faute de visiter la chapelle, je rencontre Monsieur le Maire, trés occupé à comprendre le cadastre qui date de plus d'un siècle. Nous hésitons sur la valeur d'une are.
Le chemin descend vers le gave d'Ossau, lui aussi trouble. Je cherche sans succés un accés internet, mais je trouve le camping, juxtaposé à la ménagerie d'un cirque.
La journée à fatigué mes jambes et je m'endors avant la nuit, copieusement arrosée d'une bruine tenace.

Betharam - Asson







Lourdes m'a toujours interpelé. On trouve les stigmates d'une foi indiscuttable mais sans le sens du sacré. Les échoppes de bibelots idolatrant le dieu plastique, les lieux de prière de masse, les chapelets fluorescents... de ci de là quelques belles statues provenant des quatres coins du monde nous ramènent à la beauté. Les touristes sont trés divertissants: des sempiternels short - appareil photo - cornet de glace, aux scouts équipés de leurs foulards, fiers mais un peu perdus dans cette ville qui ne leur ressemble pas, de nombreux pélerins et autres aumoniers un sourire au visage; ils sont dans leur élément.

Il est tard et je ne commencerai donc le chemin qu'à Bertharam. Je me trompe tout d'abord de chemin. La route grimpe sur les collines, chauffées par le soleil d'aout. Je transpire à grosse goutes.






La route plonge vers le gave d'Ossom. J'y refroidit mes pieds. Je demande un peu d'eau à des gens particulièrement accueillant, puis j'arrive à Asson. Plutot que l'hébergement paroissial, j'opte pour planter ma tente sur les berges du gave. Toilette dans le gave, glacial, petit feu de bois. Soudain, le ciel se zèbre. Un gros orage se prépare et je dois déménager ma tente, trop proche du torrent. La pluie s'abat une bonne partie de la nuit, éclairée par l'orage. Au matin, le gave est devenu marron, on se croirait sur une crique de guyane ! Forêt verte et détrempée, eau épaisse, roches moussues, brume matinale... je n'ettends toutefois aucun singe hurleur !


mardi 4 août 2009

J - 1


Le mot pèlerinage vient du latin peregrinatio et signifie voyage à l'étranger ou séjour à l'étranger. J'ai parfois voyagé en terre étrangère, me voici lancé dans un pélerinage qui sillone l'occitanie, puis le Pays Basque, la Galice. Moi qui suis agnostique, me voilà parti demain pour Lourdes où je début la via du Piémont Pyrénéen sur les traces des pélerins de Jacques de Zébédée, dit "Jacques le majeur".
J'ai décidé de voyager seul et c'est ce qui importe dans ce voyage. Le séjour que je vais effectuer est bien en tierra incognita. Voyager seul, pour ceux qui n'ont jamais essayé, c'est vraiment une découverte. On se rend compte de ce qui est important pour soi. On se sent souvent fragile, souvent on donnerait sa chemise pour une oreille avec qui partager ce que l'on vit, on a peur de ne pas se reconnaitre car les divertissements dont on a l'habitude ne sont plus là. Mais on se sent libre et on écoute. On écoute d'abord le silence (tellement rare et précieux), puis ce qui vous entourre. Aprés le gazouilli de l'environnement physique qui vous entourre, vient le bruissement inquiétant des idées que l'on charrie. On écoute toutes les questions sur ce que l'on fait là, pourquoi, et aprés, qu'est ce que celà veut dire, quelle est notre nature, que valent nos choix ... ce que l'on recheche, le silence de ces question, c'est l'écoute de soi. C'est cette écoute qui vaut toute les inquiétudes qui ont précédé.
Au delà de ces considérations assez introverties, voici quelques étapes qui doivent ponctuer ces quelques jours:
- première nuit seul dans la tente (moment toujours impressionnant)
- rencontre des pélerins
- une nuit dans un monastère ou une abbaye: je ne sais pas où mais c'est un objectif
- trouver une coquille St Jacques à accrocher à mon baluchon
- être heureux lors de la probable journée de mauvais temps
- rédiger mes carnets et trouver des cybercafés de montagne
- passer deux frontières: celle du pays basque, puis celle d'espagne
Ce soir, dernier coup d'oeil à mon sac à dos, puis dernière nuit confortable. Demain, départ prévu à Lourdes, direction Asson.
Je vous dit à bientot, on verra bien quand et où.