mercredi 2 septembre 2009

Astorgas - Manjarín






Le chemin démarre fraichement. Des nuages débordent de la montagne face à nous: le chemin sort de la plaine, nous revoilà dans la grimpette. Les bois qui cernent le chemin sont méditerrannéens. On serpente au travers de petits villages superbes, en pierre, constitués en allée centrale autour du camino.
Les nuages nous caressent et redescendent derrière nous. Nous avancons bon train, et nous arrivons à l'étape proposée par le guide pour midi. Nous poursuivons: nous sommes impatient de voir la fameuse Cruz de Hierro. Cette croix est un des lieux mythiques du camino. Les pélerins ont pris l'habitude de venir y déposer une pierre, symbole de ce qu'ils amènent avec eux sur le chemin. La croix surplombe donc un beau monticule de roches entassées, messages, dessins, bibelots, coquilles saint jacques, etc. Un lieu de recueillement pour tous. Des plus athées aux croyants en passant bien sûr par les mystiques. Une familles de francais (le papa, la maman, un ou deux amis et les petites filles) en ont profité pour tous se raser la tête - ils portaient tous de superbes cheveux longs...
Comme tous, j'adresse un message au camino. Le chemin est grimpé sur une montagne arrondie par l'érosion. Les bois deviennent des pins puis des prairies de bruyère, genets, ajoncs.
Aprés la croix, nous nous dirigeons vers un des lieux les plus éloignés de notre monde que j'ai vu. Un ex révolutionnaire marxiste, faisait le camino il y a quelques 17 ans. Il a ressenti l'énergie de ce lieux et ne s'est jamais rendu à l'étape suivante. Il tient depuis une auberge sommaire. Il est un des derniers templiers et offre le gite - sans eau ni électricité ou presque - le couvert - délicieux repas qui réinvente la notiondu partage - avec l'aide de sa femme et de deux jeunes dont un est également templier.

Les templiers se définissent surtout en tant qu'hommes de foi et de combat. Ils respectent un corpus de règles dont l'hospitalité, le respect, l'égalité entre les hommes ou encore l'humilité sont des fondements.
On ressent ici un sentiment de profonde chaleur et humanité. Rien de notre monde ne peut se comparrr à ce lieu. C'est avec un profond respect que je salue nos hôtes avant la nuit.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire