Le chemin change parfois. Il progresse, il mue. Sa première transformation avait été celle de Saint Jean Pied de Port - Roncevalles. Je passais de la randonnée sauvage, incrustée dans son lit de verdure, au camino frances, ses rencontres de toutes nations, la compassion (au sens latin: "souffrir avec"), le partage. Aujourd'hui nous voici à l'entrée de La Meseta, région qui brille par son austérité. Décor minimaliste, un plateau dénudé où les champs fauchés à perte de vue le disputent aux roches blanches ou rouges et aux ravines de sable blanc.
Ce décor est le lieu du soliloque. Adulé ou excécré par les pélerins, il impose le voyage en son "moi". Les pélerins sont silencieux, ils semblent désormais sur leur propre chemin intérieur.
Pour moi ce nouveau départ du chemin reproduit celui de Saint Jean Pied de Port: ma douleur au pied droit d'hier s'est volatilisée.
Nous marchons à gros rythme avec Ufra et Thyphaine. Au milieu de ce désert minéral écrasé par le soleil, nous croisons des soeurs, venues en voiture pour un autre pé
lerinage. Je chemine jusqu'au village étape où je suis rejoint par de nombreux pélerins. Je décide cependant de leur fausser compagnie: j'ai envie de marcher plus, de m'isoler un peu. Je reprends donc ma route, croisant en chemin un couple de huppes, jusqu'à Castrojériz, un village aux murs de pisé qui s'étend au long du camino.
Je trouve la petite auberge municipale, et j'y suis accueilli par une petite de 6 ou 7 ans. Mes pieds ralent, l'étape à duré 38 km.
Le ciel se couvre. J'avale un plat de pâtes à la sauce ketchup-ail en poudre - huile d'olive, et m'endors brutalement alors que les éclairs zèbrent le plateau de la meseta.
Ce décor est le lieu du soliloque. Adulé ou excécré par les pélerins, il impose le voyage en son "moi". Les pélerins sont silencieux, ils semblent désormais sur leur propre chemin intérieur.
Pour moi ce nouveau départ du chemin reproduit celui de Saint Jean Pied de Port: ma douleur au pied droit d'hier s'est volatilisée.
Nous marchons à gros rythme avec Ufra et Thyphaine. Au milieu de ce désert minéral écrasé par le soleil, nous croisons des soeurs, venues en voiture pour un autre pé
Je trouve la petite auberge municipale, et j'y suis accueilli par une petite de 6 ou 7 ans. Mes pieds ralent, l'étape à duré 38 km.
Le ciel se couvre. J'avale un plat de pâtes à la sauce ketchup-ail en poudre - huile d'olive, et m'endors brutalement alors que les éclairs zèbrent le plateau de la meseta.
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